Le chiffre est souvent au cœur des débats : en 2025, le service hebdomadaire moyen d'un enseignant du second degré est de 18 heures et 30 minutes. Cependant, réduire le travail d'un professeur à ce seul volume horaire serait une erreur. Cette moyenne, issue des statistiques du ministère de l'Éducation nationale, agrège des réalités très diverses et n'inclut pas une part substantielle de l'activité enseignante.
Dans le détail, ce service de 18,5 heures se compose de 17,6 heures d'enseignement direct devant les élèves. Le reste, soit près d'une heure, se répartit entre des heures de pondération (qui donnent plus de poids à certaines heures de cours) et d'autres activités complémentaires, comme le soutien scolaire. Surtout, cette moyenne inclut 1,7 heure supplémentaire annualisée (HSA), une pratique devenue quasi systématique.
Ce qui est crucial de comprendre, c'est ce que ce décompte officiel n'inclut pas. Le temps de préparation des cours, la correction des copies, les réunions avec les parents ou les équipes pédagogiques, et le suivi des élèves ne sont pas comptabilisés dans ce service. De même, les missions effectuées dans le cadre du « Pacte enseignant », comme l'aide aux devoirs, sont considérées à part.
Des services très différents selon le lieu d'exercice
Derrière la moyenne de 18,5 heures se cachent des situations très contrastées en fonction du type d'établissement et du niveau d'enseignement.
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En collège d'éducation prioritaire renforcée (REP+), un enseignant a un service total plus lourd (19,5 heures) mais passe moins de temps devant les élèves (17,1 heures). La différence provient d'une « pondération » : chaque heure de cours compte pour 1,1 heure de service. Ce système vise à reconnaître le temps supplémentaire nécessaire au travail en équipe et au suivi d'élèves aux besoins spécifiques.
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En lycée général et technologique, les professeurs assurent en moyenne moins d'heures de cours (16,9 heures). Leurs heures en classes de première et de terminale sont en effet pondérées. De plus, on y trouve davantage de professeurs agrégés, dont le service obligatoire est réduit (15 heures au lieu de 18 pour un certifié).
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En lycée professionnel et en Segpa, la situation est inverse. Les enseignants y effectuent le plus grand nombre d'heures d'enseignement, avec respectivement 19 et 19,5 heures par semaine en moyenne.
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Dans les formations post-bac (CPGE et STS), le service est encore différent. En classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), où les obligations de service sont très réduites (entre 8 et 11 heures), les enseignants assurent en moyenne 11,9 heures de cours. En sections de techniciens supérieurs (STS), chaque heure de cours donne droit à une pondération, portant le service total à 19,6 heures malgré 16,1 heures d'enseignement.
Ces chiffres montrent que le « temps de service » est une notion administrative complexe, dont la moyenne nationale masque une grande diversité de réalités de terrain.
