Un parcours en entonnoir
À la rentrée 2019, ils étaient 169 700 à faire leur entrée en seconde professionnelle, juste après avoir passé les épreuves du brevet des collèges. Que sont-ils devenus cinq ans plus tard ? Une étude du service statistique du ministère de l'Éducation nationale (DEPP) dresse un portrait détaillé de leurs parcours, révélant un chemin semé d'embûches où chaque étape agit comme un filtre.
Le premier jalon est la classe de terminale. Sur l'ensemble de la cohorte, 83 % des élèves y parviennent en trois ans, soit à la rentrée 2021. L'étape suivante, et non des moindres, est le baccalauréat. Au total, 64 % des jeunes de cette génération obtiendront leur baccalauréat professionnel, que ce soit en 2022 ou en 2023. Cela signifie qu'un élève sur trois engagé dans cette voie n'obtiendra pas le diplôme qui la sanctionne.
La moitié des jeunes sortent du système scolaire en trois ans
L'un des chiffres les plus marquants de l'étude est la rapidité avec laquelle ces jeunes quittent le système éducatif. Dès la rentrée 2022, soit trois ans seulement après leur entrée au lycée, la moitié (50 %) n'est plus scolarisée. Parmi eux, une partie a obtenu son bac (54 %), mais l'autre non. Cette tendance s'accentue fortement avec le temps : en 2024, près de huit élèves sur dix (79 %) ont quitté les bancs de l'école ou de l'université.
Pour beaucoup, la voie professionnelle est donc une formation qui mène directement à l'emploi ou à une autre situation, mais pas à la poursuite d'études longues.
Les études supérieures : un chemin étroit dominé par le BTS
Malgré ce constat, une part non négligeable des élèves tente l'aventure du supérieur. Au total, 41 % de la cohorte s'inscrit au moins une année dans l'enseignement supérieur entre 2022 et 2024. Pour eux, une voie est très largement privilégiée : la section de technicien supérieur (STS), qui prépare au BTS.
Dès 2022, sur les 34 % de jeunes qui entrent dans le supérieur, 82 % choisissent une STS. C'est la formation la plus adaptée à leur profil, pensée comme le prolongement naturel du baccalauréat professionnel.
Cependant, y entrer ne garantit pas le succès. La réussite est progressive et exigeante. Au final, seuls 10 % des 170 000 élèves du départ obtiendront leur BTS à la session 2024, c'est-à-dire dans les temps. Un chiffre qui illustre bien la sélectivité du parcours complet, de la seconde professionnelle jusqu'à l'obtention d'un premier diplôme du supérieur.
