L'essentiel
- En 2024, 35 % des nouveaux enseignants fonctionnaires sont affectés en Île-de-France, dans les académies de Créteil (16 %) et Versailles (19 %).
- Dans ces deux académies, les professeurs de moins de cinq ans d'ancienneté représentent 22 % du corps enseignant, contre une moyenne nationale de 11 %.
- À l'inverse, des académies comme Rennes, Clermont-Ferrand ou Bordeaux ne comptent que 5 % de nouveaux enseignants parmi leurs effectifs.
- Les académies de Créteil et Versailles connaissent un fort déficit de titulaires : plus de professeurs expérimentés en partent qu'il n'en arrive chaque année.
Pourquoi une telle concentration en Île-de-France ?
L'affectation des enseignants fonctionnaires obéit à un système national appelé « mouvement ». Les professeurs demandent une mutation et sont classés selon un barème de points, principalement calculé sur la base de l'ancienneté. Un enseignant débutant, avec très peu de points, a donc peu de chances d'obtenir les académies les plus demandées.
Les postes restants, souvent situés dans des zones jugées moins attractives, sont alors attribués aux nouveaux venus. C'est le cas des académies de la banlieue parisienne, Créteil et Versailles, qui sont structurellement déficitaires. Le rapport indique qu'elles présentent un « taux de migration interacadémique nette négatif » : le nombre d'enseignants titulaires qui en partent est supérieur à celui de ceux qui y entrent. Pour combler les postes vacants, elles accueillent donc une part très importante des nouveaux professeurs chaque année.
D'autres académies comme la Guyane (14 % de nouveaux enseignants) et Mayotte (19 %) connaissent une situation similaire.
Est-ce la même chose pour les contractuels ?
Non, la répartition des enseignants contractuels est beaucoup plus homogène sur le territoire métropolitain. Leur part dans les effectifs varie de 5 % dans l'académie de Normandie à 10 % dans celle de Créteil. Le recours aux contractuels est donc une réalité dans toutes les régions, bien qu'il soit légèrement plus marqué en Île-de-France.
Les départements d'outre-mer font figure d'exception, avec des taux de contractuels très élevés, notamment à Mayotte (54 %) et en Guyane (24 %).
L'affectation évolue-t-elle avec la carrière ?
Oui, la situation d'un enseignant est amenée à changer au fil de sa carrière. En accumulant des points d'ancienneté, il peut progressivement se rapprocher des académies qu'il convoite.
Le rapport illustre ce phénomène : alors que 12 % des professeurs stagiaires (pendant leur première année) sont affectés à Versailles, cette proportion double dès leur première année en tant que titulaire. À l'inverse, les académies de l'ouest de la France (Rennes, Nantes, Bordeaux) attirent très peu de débutants (12 % des stagiaires y sont affectés, mais seulement 4% des titulaires avec un an d'ancienneté), mais beaucoup plus d'enseignants expérimentés (plus de 15 % après vingt-cinq ans de carrière).






