Le paysage des classes du premier degré a sensiblement changé en une décennie. La scolarisation en classe multiniveau n'est pas un phénomène stable : elle a connu une augmentation continue et quasi généralisée sur le territoire entre 2015 et 2025.
Une hausse dans presque tous les territoires
En dix ans, la part d'élèves concernés a augmenté de cinq points de pourcentage. Cette progression s'observe dans 93 des 101 départements français. La hausse est visible dans la plupart des contextes, notamment dans les écoles publiques rurales où les taux, déjà élevés, continuent de grimper.
La seule exception notable concerne l'éducation prioritaire. Pour les niveaux de grande section, CP et CE1, la politique de dédoublement des classes a eu l'effet inverse : la proportion d'élèves en classe multiniveau a diminué depuis 2015. Pour les autres niveaux (CM1, CM2), même en éducation prioritaire, la tendance reste à la hausse.
Le duo CM1-CM2, nouvelle star des regroupements
Au-delà de la hausse globale, c'est la structure même des classes qui a évolué. L'association CM1-CM2 a connu une progression spectaculaire.
- En 2025, elle est la deuxième configuration de classe la plus fréquente (derrière le regroupement petite et moyenne section de maternelle), accueillant 8,8 % de l'ensemble des élèves du premier degré.
- Dix ans plus tôt, elle n'occupait que le neuvième rang.
Cette montée en puissance est particulièrement visible dans les écoles publiques urbaines, où la part des classes de CM1-CM2 est passée de 5 % à 8 % sur la période.
Moins de classes uniques, plus de doubles niveaux
Cette évolution se fait au détriment des classes à niveau unique, mais aussi de certains regroupements qui deviennent plus rares. Les classes qui rassemblent l'ensemble des niveaux, de la petite section au CM2, n'accueillent plus que 1 300 élèves en 2025, soit deux fois moins qu'il y a dix ans.
La grande majorité (88 %) des élèves en classe multiniveau le sont dans une classe composée de deux niveaux. Ils ne sont que 10 % dans une classe à trois niveaux, et 2 % dans une classe à quatre niveaux ou plus. La tendance est donc à une généralisation du modèle de la classe à double niveau, en particulier pour le cycle 3 de l'école élémentaire.






