L'éducation prioritaire, un fossé toujours présent
Année après année, les évaluations nationales soulignent l'impact du milieu social sur la réussite scolaire. En 2025, les élèves scolarisés dans le secteur public hors éducation prioritaire (HEP) obtiennent des taux de maîtrise bien supérieurs à ceux des élèves en éducation prioritaire (EP).
C'est en résolution de problèmes que le fossé est le plus large, et ce à tous les niveaux. L'écart de performance atteint 20,7 points de pourcentage en CM2 au profit des élèves hors EP. À l'inverse, les écarts sont moins prononcés pour la mémorisation des faits numériques, avec par exemple une différence de 5,8 points en CM2.
Entre 2024 et 2025, ces écarts sont même en légère hausse pour certaines compétences en CM2, notamment en résolution de problèmes (+0,5 point), signe que les inégalités peinent à se résorber.
Le surprenant avantage des communes rurales
L'analyse devient encore plus fine lorsque l'on compare les élèves à niveau social équivalent. Grâce à l'Indice de Position Sociale (IPS), qui résume les conditions socio-économiques des familles, on peut comparer des écoles aux profils similaires mais situées dans des environnements différents.
Le résultat est étonnant : pour la compétence « résoudre des problèmes », les élèves des communes rurales réussissent mieux que ceux des communes urbaines très denses.
Pour les écoles ayant un IPS moyen (entre 95 et 105), l'écart de réussite en résolution de problèmes atteint 13,4 points en CP en faveur des élèves scolarisés en zone rurale. Cet avantage, bien que moins marqué, persiste dans les autres niveaux. Ce constat est cependant moins affirmé pour d'autres compétences, où l'écart peut s'inverser. Le lieu de vie, au-delà du seul milieu social, semble donc jouer un rôle non négligeable dans l'apprentissage des mathématiques.
