Au-delà des tendances nationales, les résultats des tests de positionnement de la rentrée 2025 révèlent une réalité plus crue : le niveau d'un élève dépend fortement du profil social de son lycée. L'Indice de Position Sociale (IPS), qui mesure l'environnement social des établissements, montre que les écarts entre les 20 % de lycées les plus favorisés et les 20 % les moins favorisés sont non seulement massifs, mais qu'ils ont tendance à se creuser.
En voie générale, des trajectoires qui divergent
Dans la filière générale et technologique, la fracture sociale est particulièrement visible. En français, l'écart de performance entre les lycées les plus et les moins favorisés s'est même accentué de deux points par rapport à 2024.
Les chiffres sont éloquents : dans les lycées les moins favorisés, 35,8 % des élèves font partie des groupes les plus en difficulté. Dans les lycées les plus favorisés, cette proportion tombe à seulement 9,2 %.
En mathématiques, la dynamique est encore plus inquiétante. Depuis 2019, le score moyen des élèves des établissements favorisés a augmenté de 5 points, tandis que celui des élèves des établissements défavorisés a baissé de 4 points. Les trajectoires divergent, creusant ainsi le fossé. En 2025, on trouve 46,3 % d'élèves en difficulté en mathématiques dans les lycées les moins favorisés, contre 10,9 % dans les plus favorisés.
En voie professionnelle, des inégalités encore plus fortes
La situation est encore plus polarisée en lycée professionnel, où les disparités de performances sont très marquées.
- En français : 80,6 % des élèves des lycées les moins favorisés sont dans les groupes de faible niveau, contre 55,8 % dans les lycées les plus favorisés. L'écart est colossal, même s'il est stable par rapport à 2019.
- En mathématiques : Le fossé se creuse. L'écart de score entre les élèves des lycées les plus et les moins favorisés est passé de 25 points en 2019 à 27 points en 2025. Près de 86 % des élèves des lycées les moins favorisés sont en difficulté, contre 62,6 % dans les établissements favorisés.
Un impact direct sur les compétences
Ces écarts se traduisent par des maîtrises de compétences radicalement différentes. En voie générale, en compréhension de l'écrit, 74,1 % des élèves des lycées favorisés ont un niveau satisfaisant, contre seulement 45,7 % dans les lycées les moins favorisés, soit près de 30 points d'écart.
En voie professionnelle, l'exemple des automatismes en mathématiques est tout aussi frappant : 50,8 % des élèves des lycées favorisés ont une maîtrise satisfaisante, contre à peine 24,3 % dans les lycées les moins favorisés. Le constat est clair : l'établissement d'origine pèse de plus en plus lourd dans la réussite des élèves.
