Loin d'être une exception, le recours aux heures supplémentaires annualisées (HSA) est une composante structurelle du service des enseignants du second degré. Pour la rentrée 2025, comme en 2024, 73 % des professeurs en effectuent au moins une. Cette pratique est même très répandue, puisque 41 % d'entre eux en réalisent deux ou plus.
Ces heures, qui permettent d'assurer des cours au-delà du service réglementaire, sont devenues un élément quasi incontournable de l'organisation des établissements. Elles représentent en moyenne 1,7 heure dans le service hebdomadaire de 18,5 heures d'un enseignant.
Des inégalités marquées entre hommes et femmes
Si les heures supplémentaires concernent une majorité d'enseignants, elles ne sont pas réparties de manière égale entre les sexes. Les chiffres du ministère de l'Éducation nationale révèlent un écart notable :
- 76 % des hommes effectuent des HSA, contre 71 % des femmes.
- Lorsqu'ils en font, les hommes en assurent davantage : 2 heures par semaine en moyenne, contre 1,6 heure pour leurs collègues féminines.
Comment expliquer cette différence ? Le rapport pointe plusieurs facteurs structurels. Les femmes sont plus nombreuses à travailler à temps partiel, un statut qui, historiquement, limitait l'accès aux HSA. Elles sont également moins représentées dans certains corps ou niveaux d'enseignement où les obligations de service sont réduites (comme les professeurs agrégés) ou qui ouvrent droit à des pondérations (classes préparatoires, REP+), ce qui peut inciter à prendre plus d'heures supplémentaires.
Un impact direct sur la rémunération
Cette différence de volume d'heures supplémentaires se traduit logiquement par un écart de rémunération. En moyenne, un enseignant homme perçoit 3 940 euros bruts annuels au titre des HSA, contre 3 190 euros pour une enseignante.
Le rapport précise que cet écart ne vient pas d'une différence de traitement horaire, qui est similaire à corps et grade égaux. Il est la conséquence directe du plus grand nombre d'heures effectuées par les hommes et de leur surreprésentation dans les corps les mieux rémunérés (professeurs agrégés ou de chaire supérieure).
Une tendance qui s'étend au temps partiel
Un autre phénomène notable est la part croissante des enseignants à temps partiel qui effectuent des heures supplémentaires. Depuis un changement de réglementation, cette possibilité leur est plus largement ouverte. Ils sont désormais 40 % à y avoir recours à la rentrée 2025, contre 38 % en 2024 et 35 % en 2023. Une tendance qui confirme la généralisation de cette pratique à l'ensemble du corps enseignant.
