L'expérience scolaire d'un enfant ou d'un adolescent évolue constamment, et avec elle, les dynamiques sociales et les risques qui y sont associés. L'enquête 2025 sur le harcèlement scolaire met en lumière une trajectoire non linéaire du phénomène, qui se transforme au fil des âges.
L'école primaire : une vulnérabilité marquée en début de cycle
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce ne sont pas les plus grands qui sont les plus touchés à l'école primaire. L'enquête révèle une tendance à la baisse au fur et à mesure que les élèves avancent dans le cycle :
- CE2 : 4 % des élèves sont en situation de harcèlement.
- CM1 : 3 %
- CM2 : 2 %
L'entrée dans le cycle 3, avec le CE2, apparaît donc comme une période particulièrement sensible. Les élèves y sont plus nombreux à déclarer des situations de harcèlement que leurs camarades plus âgés qui se préparent à entrer au collège.
Le collège : un pic à l'entrée en sixième
Le passage de l'école primaire au collège est une étape charnière, souvent source d'anxiété. Les chiffres confirment que cette transition est un moment de risque accru. Le taux de harcèlement, qui était de 2 % en CM2, bondit pour atteindre une moyenne de 4 % pour l'ensemble des collégiens.
C'est en sixième que la proportion d'élèves harcelés est la plus élevée, avec 4 %. Ce chiffre se stabilise ensuite à 3 % de la cinquième à la troisième. L'arrivée dans un nouvel établissement, plus grand, avec de nouveaux camarades et de nouvelles règles, constitue un facteur de vulnérabilité indéniable.
Le lycée : une baisse générale qui cache de fortes disparités
Au lycée, la tendance générale est à l'apaisement. Le taux moyen d'élèves en situation de harcèlement chute à 2 %. Dans les filières générales et technologiques, les chiffres sont encore plus bas : 1 % en classe de première et 3 % en terminale.
Cependant, cette moyenne masque une réalité beaucoup plus sombre pour une partie des lycéens. Comme le souligne le rapport, les élèves des filières professionnelles, et plus particulièrement en CAP, connaissent des taux de harcèlement radicalement plus élevés. Cette situation alarmante montre que si le risque diminue globalement avec la maturité, il reste fortement corrélé au parcours et à la filière de l'élève.
