Des centaines de milliers d'élèves concernés
En novembre 2025, à l'occasion de la Journée nationale de lutte contre le harcèlement, les élèves de France ont été invités à remplir une grille d'auto-évaluation. Les résultats, publiés par la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), permettent de dresser un état des lieux chiffré.
Selon cette enquête, les situations de harcèlement concernent :
- 3 % des écoliers (du CE2 au CM2)
- 4 % des collégiens
- 2 % des lycéens
Ces pourcentages, bien que minoritaires, représentent des centaines de milliers d'enfants et d'adolescents qui, au quotidien, subissent des violences répétées de la part de leurs camarades.
Comment définit-on une situation de harcèlement ?
Il est important de comprendre que ces chiffres ne reposent pas sur un simple ressenti. Pour être considéré en situation de harcèlement, un élève doit cumuler deux conditions :
- Déclarer subir un certain nombre d'atteintes de manière répétée (insultes, moqueries, coups, mise à l'écart, etc.). Le seuil varie selon l'âge de l'élève.
- Exprimer une perception négative de sa qualité de vie à l'école à travers ses réponses à plusieurs questions sur son bien-être, sa sécurité ou son sentiment d'appartenance.
C'est le croisement de ces deux indices, l'un factuel (la victimation) et l'autre subjectif (le bien-être), qui permet d'identifier les situations les plus sévères.
Au-delà du harcèlement, une « zone grise » à surveiller
L'enquête ne se limite pas aux cas avérés. Elle met également en lumière une population d'élèves en situation de fragilité, qualifiée de « à surveiller ». Ces élèves ne remplissent pas tous les critères du harcèlement, mais déclarent tout de même subir des atteintes ou un mal-être qui dégradent leur vie scolaire.
Cette population représente :
- 13 % des écoliers du premier degré
- 6 % des collégiens
- 5 % des lycéens
Ces élèves constituent une population à risque, pour qui des actions de prévention ciblées sont essentielles afin d'éviter que leur situation ne bascule dans le harcèlement.
Une nouvelle méthode de collecte en 2025
Un changement majeur est à noter pour cette édition 2025. Pour la première fois, les élèves pouvaient, sur la base du volontariat, indiquer leur nom et prénom sur la grille. Les éditions précédentes étaient strictement anonymes.
Cette levée de l'anonymat, même partielle, a une conséquence statistique majeure : les résultats de 2025 ne sont plus comparables à ceux de 2023 et 2024. Le rapport souligne qu'un changement de protocole peut influencer le comportement des élèves lorsqu'ils répondent. La baisse des chiffres observée par rapport à 2024 pourrait ainsi s'expliquer par ce changement méthodologique, et non nécessairement par une diminution réelle du phénomène.
