C'est une constante des résultats scolaires qui se vérifie une fois de plus en 2025 : au collège, les filles et les garçons ne réussissent pas de la même manière en français et en mathématiques. Les dernières évaluations nationales publiées par la DEPP montrent que les écarts de performance liés au genre sont non seulement importants, mais qu'ils s'installent durablement, voire se creusent sur certains aspects.
En sixième, un écart de 11 points qui ne bouge pas
Dès l'entrée au collège, le constat est clair. À la rentrée 2025, les filles obtiennent en moyenne un score supérieur de 11 points à celui des garçons en français. À l'inverse, les garçons devancent les filles de 11 points en mathématiques. Ces écarts sont parfaitement stables par rapport à 2024.
Cette différence de moyenne se traduit par une répartition très sexuée dans les groupes de performance :
- En français : 32,1 % des garçons font partie des groupes les plus faibles, contre seulement 23,8 % des filles.
- En mathématiques : la situation s'inverse, avec 35,7 % des filles dans les groupes les plus faibles, contre 29,4 % des garçons.
En quatrième, le fossé se creuse en français
Deux ans plus tard, à l'entrée en quatrième, non seulement les écarts persistent, mais ils s'accentuent en français. L'avance des filles atteint désormais 15 points en moyenne. Près de 41 % des garçons se situent dans les groupes les moins performants, contre 29 % des filles.
En mathématiques, l'avantage des garçons est un peu plus faible qu'en sixième, avec un écart de 9 points, mais il reste bien réel. Là encore, plus d'une fille sur trois (36,4 %) est en difficulté, contre moins d'un garçon sur trois (31,4 %).
Une tendance inquiétante en maths pour les filles depuis 2017
L'analyse de l'évolution sur le long terme révèle un point particulièrement préoccupant. Si en français, les performances des filles comme des garçons se sont améliorées depuis 2017, la situation en mathématiques est différente.
Entre 2017 et 2025, la part des garçons en difficulté en mathématiques est restée stable. En revanche, la proportion de filles dans les groupes les moins performants a augmenté de 4,2 points sur la même période. L'écart de performance en mathématiques semble donc se creuser au détriment des filles.
Cette tendance se retrouve dans l'analyse par compétences spécifiques. Quel que soit le domaine des mathématiques (nombres et calculs, grandeurs et mesures, résolution de problèmes), les garçons obtiennent de meilleurs taux de maîtrise, avec des écarts allant jusqu'à 12,4 points. Seul le domaine « espace et géométrie » fait exception, avec des taux de réussite équivalents. En français, à l'inverse, les filles dominent dans tous les domaines, leur avance atteignant 10,5 points en orthographe. Ces chiffres, année après année, interrogent sur le poids des stéréotypes et des pratiques pédagogiques sur la réussite des élèves.
