Des trajectoires individuelles très diverses
L'augmentation moyenne de 4,3 % du pouvoir d'achat des enseignants en 2024 ne s'est pas répercutée de la même manière pour tout le monde. En se concentrant sur les enseignants présents à la fois en 2023 et 2024, les chiffres révèlent une réalité contrastée :
- 79 % ont connu une hausse de leur salaire net en euros constants (après déduction de l'inflation).
- 8 % ont vu leur salaire stagner.
- 13 % ont subi une baisse de leur pouvoir d'achat.
Ces évolutions sont particulièrement marquées selon les corps. Ainsi, 85 % des professeurs des écoles ont vu leur salaire net augmenter en euros constants, contre seulement 76 % des professeurs agrégés. Ces derniers sont d'ailleurs 23 % à avoir connu une baisse, contre 9 % pour les professeurs des écoles.
L'avancement de carrière, premier moteur de la hausse
Pour une grande partie des enseignants, la progression salariale est directement liée à l'avancement. En 2024, 40 % des enseignants ont bénéficié d'un avancement (changement d'échelon, de grade ou de corps) sans modifier leur temps de travail. Pour eux, l'augmentation médiane du salaire net a été de +6,9 %.
Dans le détail :
- Un changement d'échelon, le cas le plus fréquent (35 % des enseignants), s'est traduit par une hausse médiane de 6,8 %.
- Un changement de grade (7,4 % des enseignants), souvent un passage à la hors classe, a généré une hausse médiane de 7,2 %.
- Un changement de corps (0,3 % des enseignants), par exemple un professeur certifié devenant agrégé, a provoqué un bond médian de 19,8 %.
Pour l'enseignant sur deux (52,5 %) n'ayant connu ni avancement ni changement de rythme de travail, la hausse du salaire provient essentiellement des mesures générales (point d'indice, primes), avec une augmentation médiane de 3,1 %.
L'impact majeur du temps de travail et des missions
Le changement de quotité de travail a un effet direct et massif sur la fiche de paie. Les 3 % d'enseignants qui ont augmenté leur temps de travail (en passant d'un temps partiel à un temps plein, par exemple) ont vu leur salaire net bondir de 18,1 % en médiane. À l'inverse, les 4 % qui l'ont diminué ont subi une baisse médiane de 6,4 %.
Enfin, d'autres situations individuelles influencent fortement le salaire : l'adhésion au Pacte enseignant, la réalisation d'heures supplémentaires, une mutation en éducation prioritaire ou encore un changement de situation familiale modifiant le supplément familial de traitement. Dans le second degré, où la part des primes et des heures supplémentaires est plus importante, ces facteurs créent de plus grands contrastes dans les évolutions de salaire d'une année sur l'autre.






