Le harcèlement ne s'arrête plus aux portes de l'école. Avec l'omniprésence des smartphones et des réseaux sociaux, il se prolonge en ligne, devenant une préoccupation majeure pour les parents, les élèves et la communauté éducative. Les dernières enquêtes de climat scolaire menées par la DEPP révèlent l'ampleur du phénomène de la cyberviolence.
Des chiffres qui alarment
Les données sont particulièrement préoccupantes au collège. En 2022, plus d'un quart des collégiens (28 %) déclarent avoir subi au moins une forme de cyberviolence durant l'année scolaire. Au lycée, ce chiffre s'élève à 23 % en 2023. Ces violences prennent le plus souvent la forme d'insultes, de moqueries, de surnoms désagréables ou d'humiliations par téléphone ou sur Internet.
La diffusion de rumeurs ou de contenus humiliants (photos, vidéos) est la deuxième forme de cyberviolence la plus fréquente, touchant une part non négligeable des élèves. D'autres formes, comme l'usurpation d'identité, les menaces ou le visionnage forcé d'images violentes ou sexuelles, sont également recensées.
Les filles, premières victimes
Le rapport souligne que ces atteintes en ligne touchent davantage les filles que les garçons. Cette disparité de genre est une constante observée dans les études sur le harcèlement et le cyberharcèlement, les formes de violence subies pouvant également différer.
Des contextes scolaires qui influencent le risque
Si au collège, les taux de cyberviolence semblent similaires quelle que soit la taille ou le statut (public/privé) de l'établissement, la situation est différente au lycée. La cyberviolence y est plus souvent déclarée par les élèves du secteur privé sous contrat (26 %) que par ceux du secteur public (22 %).
De manière plus surprenante, on observe un lien négatif entre la taille du lycée et le risque de cyberviolence. Les élèves des petits lycées (moins de 300 élèves) sont plus nombreux à se déclarer victimes (29 %) que ceux des grands établissements (plus de 900 élèves), où le taux descend à 21 %.
Développer l'esprit critique, une arme de défense
Face à ces dangers, la maîtrise technique des outils ne suffit pas. L'éducation à l'esprit critique est fondamentale. Une autre étude de la DEPP montre que si les lycéens sont plus à même de distinguer les vraies des fausses informations que les collégiens, leur niveau d'adhésion aux croyances conspirationnistes est comparable. Les élèves ayant de meilleurs résultats scolaires, notamment en français, possèdent un meilleur discernement. Apprendre aux jeunes à utiliser Internet de manière responsable et à décrypter l'information est donc une compétence clé pour se protéger et un enjeu éducatif de premier plan.
