Les classes à plusieurs niveaux sont-elles une chance ou un frein pour la réussite des élèves ? Les données des évaluations nationales de début d'année scolaire apportent une réponse surprenante : les élèves affectés dans des classes multiniveaux obtiennent en moyenne de meilleurs résultats que l'ensemble de leurs camarades.
Une affectation qui reflète le niveau scolaire
L'explication de ce paradoxe n'est pas pédagogique, mais organisationnelle. Quand la structure de l'école le permet, l'équipe enseignante peut s'appuyer sur le niveau scolaire des enfants pour les répartir entre les classes à niveau unique et celles à plusieurs niveaux. Il apparaît que les élèves les plus performants sont plus souvent orientés vers les classes multiniveaux.
L'exemple est particulièrement net en début de CP pour la compétence « résoudre des problèmes » :
- Les élèves en classe multiniveau affichent un taux de maîtrise de 76,1 %.
- L'ensemble des élèves de CP a un taux de maîtrise de 69,4 %.
L'écart est donc de 6,7 points en faveur des classes multiniveaux. Cet effet de sélection est plus marqué en milieu urbain (7,4 points d'écart) qu'en milieu rural (1,9 point). Dans les petites écoles rurales, souvent composées exclusivement de classes multiniveaux, les enseignants n'ont pas le choix de la répartition, ce qui explique ce faible écart.
Un avantage qui s'estompe au fil de la scolarité
Si l'affectation des bons élèves en classe multiniveau est marquée en début de primaire, cet avantage s'amenuise progressivement au fil des années. L'écart de performance entre les élèves de ces classes et l'ensemble des élèves se réduit du CP au CM2.
En lecture à voix haute, par exemple :
- En CE1, les élèves en classe multiniveau ont un taux de maîtrise supérieur de 2,7 points à la moyenne.
- En CM1, leur performance est quasiment identique à la moyenne (+0,3 point).
- En CM2, la tendance s'inverse et ils affichent un résultat légèrement inférieur (-0,9 point).
Plus précisément, lorsqu'un élève de CM1 se retrouve dans une classe avec des élèves plus jeunes (des CE2), son taux de maîtrise en lecture est même inférieur de 1,9 point à la moyenne nationale. Ces chiffres suggèrent que si la classe multiniveau est souvent une destination pour les bons élèves en début de parcours, l'avantage initial tend à disparaître, voire à s'inverser, dans les dernières années de l'école élémentaire.






