Si l'image d'Épinal de la petite école de village avec plusieurs niveaux dans la même classe persiste, les chiffres lui donnent raison et montrent que le phénomène est loin d'être anecdotique. Selon le service statistique du ministère de l'Éducation nationale, neuf écoles sur dix comptaient au moins une classe multiniveau à la rentrée 2025. Au total, un élève sur deux est désormais scolarisé dans ce type de classe, une proportion en hausse de cinq points en dix ans.
Un phénomène avant tout rural et lié aux petites écoles
La géographie et la taille des établissements sont les deux facteurs les plus déterminants. Les classes multiniveaux sont une réalité massive dans les territoires ruraux, où 73 % des élèves sont concernés. À l'inverse, dans les communes urbaines, cette proportion tombe à 38 %.
La corrélation avec la taille de l'école est encore plus frappante :
- Dans les écoles de moins de 50 élèves, une écrasante majorité d'entre eux (92 %) sont en classe multiniveau.
- Dans les écoles de 200 élèves ou plus, ils ne sont plus que 29 %.
Cette organisation est donc d'abord une réponse pragmatique aux contraintes démographiques : regrouper les élèves de différents niveaux permet de maintenir des écoles ouvertes dans des zones peu denses.
Moins fréquent en éducation prioritaire et dans le privé
Le secteur de l'école influence également la présence de classes multiniveaux. Les écoles publiques hors éducation prioritaire sont les plus concernées, avec 55 % de leurs élèves dans ces classes. Le secteur privé sous contrat se situe à un niveau intermédiaire (44 %).
C'est toutefois en éducation prioritaire (EP) que ces classes sont les moins fréquentes. Dans les réseaux d'éducation prioritaire renforcés (REP+), seuls 23 % des élèves y sont scolarisés. Cette faible proportion s'explique en grande partie par la politique de dédoublement des classes de grande section, CP et CE1, mise en place depuis 2017, qui favorise mécaniquement la constitution de classes à niveau unique.
La maternelle plus concernée que l'élémentaire
Enfin, les élèves de maternelle sont plus susceptibles d'être dans une classe à plusieurs niveaux (49 %) que leurs camarades de l'école élémentaire (31 %). Parmi ces derniers, ce sont les élèves de CM1 qui sont les plus souvent scolarisés dans une classe de ce type. La combinaison la plus fréquente reste d'ailleurs celle associant les élèves de CM1 et de CM2.






