Une place de plus en plus centrale
L'apprentissage, qui permet de préparer un diplôme tout en travaillant en entreprise, connaît un essor spectaculaire en France. Pour les jeunes de la filière professionnelle, il représente bien plus qu'une simple alternative : c'est devenu un véritable levier de poursuite d'études et d'insertion. Une étude de la DEPP, qui a suivi une cohorte d'élèves entrés en seconde pro en 2019, le démontre chiffres à l'appui.
Sur la durée du lycée (entre 2019 et 2022), 15 % des élèves de cette cohorte ont passé au moins une année en apprentissage. Ce mode de formation est donc déjà bien présent avant même le baccalauréat, que ce soit pour préparer un CAP en se réorientant, ou pour effectuer son bac pro.
L'apprentissage devient la norme pour ceux qui continuent leurs études
C'est après le bac que le phénomène prend toute son ampleur. Pour les jeunes qui décident de continuer à se former, l'apprentissage devient progressivement la voie majoritaire. L'évolution de la part d'apprentis parmi les élèves encore scolarisés est fulgurante :
- En 2019, ils n'étaient que 2,4 %.
- En 2022, au moment où beaucoup entrent dans le supérieur, ils représentent 40,2 % des étudiants de la cohorte.
- En 2024, 61,1 % des jeunes encore en formation sont en apprentissage.
En cinq ans, le statut d'apprenti est donc passé de l'exception à la norme pour les élèves les plus persévérants de la filière professionnelle.
Un tremplin vers des formations supérieures exigeantes
Cette montée en puissance s'explique principalement par le rôle de l'apprentissage dans l'enseignement supérieur. En 2022, 37 % des élèves de la cohorte inscrits dans le supérieur sont apprentis. Deux ans plus tard, en 2024, ce chiffre grimpe à 54 %.
Pourquoi une telle augmentation en 2024 ? C'est l'année qui suit l'obtention du BTS pour les élèves qui ont eu un parcours sans accroc. Le BTS en poche, de nouvelles portes s'ouvrent, souvent via l'apprentissage. C'est le cas pour préparer une licence professionnelle, mais aussi pour intégrer des formations plus prestigieuses. Ainsi, parmi les jeunes de la cohorte qui sont en école d'ingénieurs ou de commerce en 2024, 76 % sont en apprentissage. Ce statut leur permet de financer leurs études tout en acquérant une expérience professionnelle très valorisée.
L'étude note également que les élèves ayant obtenu une mention au brevet sont plus nombreux à passer par l'apprentissage (17 %) que ceux qui avaient été refusés (13 %), signe que cette voie attire aussi les bons profils en quête d'excellence et de professionnalisation.
