Un impact quasi nul sur les résultats scolaires
L'un des principaux enseignements du rapport d'évaluation est la faiblesse des effets perçus sur les apprentissages. Dans les écoles primaires, 84 % des directeurs interrogés estiment qu'il n'y a eu « pas d'évolution notable » sur les acquis des élèves depuis l'instauration de la tenue commune. Seuls 6 % notent une évolution positive. Le constat est similaire pour l'investissement dans le travail scolaire, avec 80 % de réponses indiquant une absence de changement.
Dans le second degré (collèges et lycées), le bilan est à peine plus optimiste : seuls 5 chefs d'établissement sur 16 perçoivent une évolution positive des acquis des élèves, et 4 sur 16 pour leur investissement au travail. Ces résultats confirment les conclusions de la littérature scientifique internationale qui, dans sa grande majorité, montre que le lien entre le port de l'uniforme et les résultats scolaires est « négligeable, voire inexistant ».
Un effet plus marqué sur le climat scolaire et l'appartenance
Si la tenue commune ne semble pas rendre les élèves plus performants, elle aurait un impact plus visible sur l'ambiance générale de l'établissement. L'effet le plus significatif rapporté par les équipes de direction concerne le sentiment d'appartenance à l'école. Dans le premier degré, trois directeurs sur quatre (75 %) rapportent une évolution « plutôt » ou « très positive » de ce sentiment. Au collège et au lycée, ils sont même 13 sur 16 à faire le même constat.
Les directeurs d'école primaire sont 43 % à noter une évolution positive de la cohésion entre les élèves et 36 % pour le climat scolaire. Ces chiffres, bien que non majoritaires, témoignent d'un effet perçu. Dans le secondaire, les chefs d'établissement sont encore plus positifs, notant majoritairement une amélioration du climat scolaire (11 sur 16) et de la cohésion entre élèves (10 sur 16).
Le harcèlement, peu concerné par la mesure
Contrairement à une idée répandue, la lutte contre le harcèlement n'a été qu'une motivation secondaire pour les établissements volontaires. Seuls 9 % des directeurs d'école primaire la citent comme une raison principale de leur participation. L'évaluation montre d'ailleurs que les écoles expérimentatrices n'avaient pas un taux de harcèlement scolaire supérieur à la moyenne nationale avant le début du projet.
En conséquence, les effets sur cette problématique sont très limités. Dans le primaire, 71 % des directeurs estiment que la situation n'a pas évolué. Au collège, où les enjeux de harcèlement sont souvent plus prégnants, 10 chefs d'établissement sur 16 rapportent une évolution positive, mais ce résultat est à nuancer : l'étude qualitative précise que les équipes éducatives relient davantage les baisses constatées à des actions ciblées (comme le programme pHARe) qu'au seul port de la tenue.
Un dispositif plébiscité par les directions
Malgré ce bilan contrasté, les équipes de direction se montrent très favorables à la poursuite de l'expérimentation. Huit directeurs d'école sur dix souhaitent continuer l'année suivante, et sept sur dix y sont personnellement favorables. L'adhésion est encore plus forte dans le second degré : 14 chefs d'établissement sur 16 veulent poursuivre l'expérimentation, et 13 sur 16 y sont favorables. La principale motivation pour se lancer, citée par plus de 90 % des directeurs des deux degrés, reste de « favoriser la cohésion entre les élèves ».
