Les stéréotypes de genre à l'école ne sont pas qu'un simple ressenti. Pour la première fois, le service statistique du ministère de l'Éducation nationale (DEPP) a mesuré leur intensité chez les élèves de seconde grâce à un « indice synthétique de stéréotypie de genre ». Les résultats sont sans appel : ces représentations sont non seulement majoritaires, mais souvent très ancrées.
Voie générale : quatre élèves sur cinq ont des stéréotypes significatifs
Parmi les élèves qui envisagent de poursuivre en voie générale, quatre sur cinq (80 %) expriment une stéréotypie de genre significative. Cela signifie qu'ils associent fortement la réussite dans certaines matières à un sexe particulier.
Plus frappant encore, la stéréotypie est en moyenne « forte voire extrême ». Près d'un élève sur deux (48,2 %) se situe même dans la catégorie de stéréotypie « extrême », le plus haut niveau de l'échelle. À l'inverse, seuls 13 % des élèves n'expriment aucune stéréotypie et 7 % une « contre-stéréotypie » (c'est-à-dire qu'ils associent les filles aux matières scientifiques et les garçons aux matières littéraires).
L'étude révèle une légère différence entre les sexes : les filles présentent en moyenne un niveau de stéréotypie un peu plus élevé que les garçons. Cette différence s'explique notamment par le fait qu'elles sont plus nombreuses dans la catégorie « extrême » : 50 % des filles y appartiennent, contre 46 % des garçons.
Voie technologique : des stéréotypes forts mais moins extrêmes
Chez les élèves qui se projettent en voie technologique, le constat est similaire, bien qu'un peu moins marqué. Une large majorité d'entre eux (71 %) présente une stéréotypie de genre significative.
Le niveau moyen correspond à une stéréotypie « forte », mais la part d'élèves aux convictions « extrêmes » est plus faible qu'en voie générale : elle concerne un tiers des élèves (33,7 %). Contrairement à la voie générale, il n'y a pas de différence significative de niveau de stéréotypie moyen entre les filles et les garçons.
On observe cependant une répartition différente : les garçons sont proportionnellement plus nombreux à exprimer une « contre-stéréotypie » (15 % contre 10 % des filles).
Ces chiffres démontrent que les clichés sur les matières « de filles » et « de garçons » ne sont pas anecdotiques. Ils constituent un système de pensée structuré et partagé par une très grande majorité de lycéens, qui pèse inévitablement sur leurs choix d'avenir.
