Les stéréotypes de genre qui influencent l'orientation scolaire sont-ils plus forts dans certains milieux sociaux que dans d'autres ? C'est une question que l'on pourrait légitimement se poser. Pourtant, une enquête de la DEPP publiée en 2026 montre que ces représentations sont un phénomène transversal, qui touche les élèves de toutes les origines sociales.
Pour parvenir à ce constat, les chercheurs ont utilisé l'Indice de Position Sociale (IPS), qui classe les élèves en cinq groupes (quintiles), des milieux les moins favorisés (Q1) aux plus favorisés (Q5).
En voie générale, un constat partagé par tous
Parmi les élèves qui envisagent une orientation en voie générale, les stéréotypes de genre sont omniprésents, quel que soit le milieu d'origine. La part des élèves présentant une stéréotypie « extrême » — le niveau le plus élevé — est massive dans tous les groupes :
- Elle est de 45 % chez les élèves des milieux les moins favorisés (Q1).
- Elle atteint un maximum de 52 % dans le quatrième quintile (Q4).
- Elle s'établit à 50,5 % chez les élèves les plus favorisés (Q5).
À l'inverse, la part d'élèves n'exprimant aucun stéréotype reste toujours minoritaire, oscillant entre 11 % et 15 % selon les groupes. Ces chiffres démontrent que la vision genrée des disciplines n'est pas l'apanage d'une catégorie sociale particulière, mais bien une croyance largement partagée.
En voie technologique, une tendance de fond similaire
Le même constat s'applique aux élèves qui se destinent à la voie technologique. Les stéréotypes y sont également très présents, même si de légères variations existent.
En additionnant les niveaux de stéréotypie « modérée », « forte » et « extrême », on observe qu'ils concernent une majorité écrasante d'élèves dans chaque milieu social. Cette proportion varie de 63 % dans le quintile le plus favorisé (Q5) à 73 % dans le quatrième quintile (Q4).
La part d'élèves qui échappent aux stéréotypes (ceux qui n'en ont pas ou qui ont des « contre-stéréotypes ») reste faible, représentant entre 24 % et 32 % des effectifs selon les milieux.
Cette étude bat en brèche l'idée que les stéréotypes de genre seraient principalement liés à un environnement social ou familial spécifique. Leur présence massive et homogène à travers toute l'échelle sociale suggère qu'ils sont le fruit de représentations plus profondes, véhiculées par la société dans son ensemble, y compris par l'école.
