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Niveau en sciences à l'école : une stabilité de façade qui cache une polarisation des élèves

Si le niveau moyen des élèves de CM2 en sciences reste stable depuis 2007, une analyse plus fine révèle une évolution préoccupante. Depuis 2018, la part d'élèves aux niveaux les plus faibles a augmenté, tandis que le groupe des élèves aux compétences intermédiaires s'est réduit.
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Éducation
21 avril 2026

Un niveau global qui ne bouge pas

À première vue, les nouvelles sont rassurantes. Selon la dernière évaluation du ministère de l'Éducation nationale, le niveau global des élèves de CM2 en sciences et technologie est stable depuis 2007. Avec un score moyen de 246 points en 2024, les performances sont très proches de celles mesurées il y a près de vingt ans (250 points en 2007). Cette constance masque cependant des dynamiques internes importantes. L'étude répartit les élèves en six groupes de performance, du groupe "moins de 1" (les plus en difficulté) au groupe 5 (les plus performants). C'est en observant l'évolution de la taille de ces groupes que le paysage réel se dessine.

Moins d'élèves dans le "ventre mou"

Le principal changement observé depuis la précédente évaluation de 2018 est une forme de polarisation des niveaux. Le groupe 3, qui rassemble les élèves aux compétences solides et qui constituait le cœur de la cohorte, a vu sa part diminuer de 3 points, passant de 34,7 % en 2018 à 31,7 % en 2024. Dans le même temps, les effectifs des groupes les plus fragiles ont augmenté. La proportion d'élèves dans le groupe 1 est passée de 9,7 % à 12,2 %, et celle du groupe "moins de 1" a grimpé de 1,6 % à 2,4 %. Concrètement, cela signifie qu'une part des élèves qui se situaient dans la moyenne a glissé vers des niveaux de maîtrise plus faibles.

Que savent faire les élèves selon leur groupe ?

Pour bien comprendre ce que ces chiffres signifient, le rapport détaille les compétences de chaque groupe. Un élève du groupe 1 commence à peine à expliquer des phénomènes simples, comme les étapes du développement d'un être vivant. À l'inverse, un élève du groupe 3, le plus important en nombre, est déjà capable de choisir le matériel pour une expérience, d'interpréter un résultat et d'exploiter des documents complexes. Quant aux élèves du groupe 5 (6,8 % des effectifs), ils font preuve d'une analyse experte de documents scientifiques et savent même prélever des informations implicites pour résoudre un problème.

Filles et garçons, des résultats toujours aussi proches

Un point de stabilité notable est l'absence d'écart significatif entre les filles et les garçons. Avec des scores moyens quasi identiques en 2024 (246 pour les filles, 247 pour les garçons), la parité en sciences à l'école primaire est une réalité confirmée depuis 2013. On note de légères différences dans la répartition : les filles sont un peu plus nombreuses dans le groupe médian (34 %), tandis que les garçons sont légèrement surreprésentés aux deux extrêmes, dans les groupes les plus faibles et les plus forts. Cette tendance de fond, avec une moyenne stable mais une base plus fragile, pose de nouveaux défis aux enseignants, qui doivent gérer des classes aux niveaux de plus en plus hétérogènes.

Source : Publication de la DEPP (ministère de l'Éducation nationale)

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