L'origine sociale, un facteur de plus en plus déterminant
Si le niveau moyen des élèves en sciences est stable au niveau national, cette moyenne cache une réalité bien plus contrastée : l'influence du milieu social sur la réussite scolaire n'a jamais été aussi forte. Pour l'objectiver, le ministère de l'Éducation nationale utilise l'Indice de Position Sociale (IPS), qui évalue le contexte socio-économique et culturel d'une école. Les résultats sont sans appel : plus l'IPS d'une école est élevé, meilleurs sont les scores de ses élèves en sciences.
Le plus préoccupant est que cet écart se creuse. En 2007, l'écart de score entre les élèves des écoles du quart le plus favorisé et ceux du quart le plus défavorisé était de 22 points. En 2024, ce fossé a atteint 32 points. Cette augmentation de près de 50 % de l'écart n'est pas anecdotique, elle témoigne d'une panne de l'ascenseur social à l'école.
Les élèves des milieux défavorisés voient leur niveau baisser
Dans le détail, les chiffres de l'évaluation sont éclairants. Le score moyen des élèves scolarisés dans les écoles les plus favorisées est resté très élevé et stable, passant de 262 en 2007 à 260 en 2024. En revanche, celui des élèves des écoles les plus défavorisées a chuté, passant de 240 à 228 points sur la même période. En clair, l'école semble maintenir le niveau des plus privilégiés, mais peine de plus en plus à faire réussir les élèves issus de milieux modestes.
Le retard scolaire, un marqueur d'inégalité
Cette dynamique est corroborée par l'analyse des résultats des élèves dits "en retard", c'est-à-dire ceux qui sont plus âgés que l'âge théorique de leur classe, souvent suite à un redoublement. En 2024, leur score moyen en sciences (209 points) est inférieur de 41 points à celui de leurs camarades "à l'heure" (250 points). Cet écart, déjà considérable, se traduit par une concentration des élèves en retard dans les plus bas niveaux de performance : 42 % d'entre eux appartiennent aux deux groupes les plus faibles, contre seulement 12 % des élèves "à l'heure".
Ces données dressent le portrait d'une école où l'origine sociale et le parcours scolaire pèsent lourdement sur l'apprentissage des sciences, un domaine pourtant essentiel pour comprendre le monde et former les citoyens de demain.
