Pour comprendre les résultats des élèves, il est essentiel d'écouter ceux qui leur enseignent au quotidien. Une enquête menée auprès de 170 professeurs des écoles révèle les difficultés concrètes qu'ils rencontrent pour mettre en œuvre le programme de sciences et technologie.
Le manque de matériel, premier frein pour 9 enseignants sur 10
Le constat est massif et sans appel : pour 89 % des enseignants interrogés, le manque de matériel est le premier obstacle à un enseignement efficace des sciences. Difficile de mener une démarche d'investigation et de faire manipuler les élèves sans les outils adéquats. Viennent ensuite les contraintes liées à l'organisation spatiale de la classe (citées par 58 % des répondants) et la difficulté à mettre en pratique la démarche d'investigation prônée par les programmes (55 %). Enfin, plus d'un tiers des professeurs (35 %) déplore un manque de formation en sciences.
Des programmes scolaires difficiles à boucler
Conséquence directe de ces obstacles, une grande partie des enseignants peine à couvrir l'intégralité du programme. Seuls 11 % d'entre eux déclarent parvenir à aborder tous les domaines et tous les points de chaque domaine. Face à cette difficulté, les stratégies varient : un enseignant sur dix avoue ne pas tenir compte du programme, tandis que quatre sur dix s'autorisent à ne pas aborder l'ensemble des thèmes prévus.
Une forte volonté freinée par le manque de moyens
Ce tableau ne doit pas masquer la forte implication des professeurs. La quasi-totalité d'entre eux est par exemple d'accord avec le fait que l'éducation à l'environnement durable devrait être une priorité à l'école. Cependant, le manque de moyens et de formation a un impact direct sur leurs pratiques pédagogiques. L'enquête montre par exemple que les enseignants qui se sentent en manque de formation scientifique sont deux fois moins nombreux à utiliser un "cahier d'expériences" avec leurs élèves (34 %) que ceux qui s'estiment suffisamment formés (65 %). De même, seuls 30 % des enseignants manquant de connaissances incitent souvent leurs élèves à réaliser des schémas, contre 69 % pour leurs collègues plus à l'aise. Ces chiffres illustrent un besoin criant de soutien, tant matériel qu'en formation, pour permettre aux professeurs de déployer un enseignement des sciences à la hauteur des enjeux et des attentes des élèves.
