Au-delà des seules performances, le rapport du ministère de l'Éducation nationale s'est penché sur le rapport qu'entretiennent les élèves avec les sciences. Les résultats de 2024 dessinent un portrait en demi-teinte, entre un enthousiasme en baisse pour la matière et une conscience écologique bien réelle.
Un attrait pour les sciences qui s'érode
La tendance est claire : l'appétence des écoliers pour les sciences a diminué entre 2018 et 2024. Ils sont nettement moins nombreux à déclarer "aimer apprendre des nouvelles notions scientifiques", passant de 81 % à 67 % en six ans. De même, l'attrait pour les activités scientifiques en dehors de l'école recule : la part d'élèves aimant regarder des émissions ou des films scientifiques a chuté de 67 % à 55 %. Cette baisse de motivation se répercute sur leur confiance en eux. En 2024, ils ne sont plus que 66 % à penser avoir "un bon niveau en sciences", contre 71 % en 2018.
La passion de l'expérimentation reste intacte
Ce désintérêt apparent pour la théorie est à nuancer. Quand il s'agit de mettre la main à la pâte, les élèves de CM2 répondent présents. Leur goût pour la pratique reste extrêmement élevé. En 2024, une très large majorité (83 %) déclare vouloir "faire plus d'expériences scientifiques" et 80 % aiment "travailler en groupe en sciences". Ils sont également 71 % à apprécier de refaire à la maison les expériences vues en classe. Ce plébiscite pour une approche concrète et collaborative suggère que la manière d'enseigner les sciences est une clé essentielle pour raviver leur intérêt.
Une génération soucieuse de la planète
Pour la première fois en 2024, l'évaluation a interrogé les élèves sur leur sensibilité aux enjeux environnementaux. Les résultats montrent une forte préoccupation. Quatre élèves sur cinq déclarent se soucier de la protection des végétaux et des animaux. Cette conscience se traduit par des gestes concrets : 50 % des élèves disent essayer de réutiliser des objets comme les sacs ou les bouteilles, et 40 % s'efforcent de consommer moins de ressources comme l'eau et la nourriture.
Cette conscience écologique est cependant elle aussi marquée socialement. Les élèves des écoles les plus favorisées sont 87 % à se dire préoccupés par la protection de la nature, contre 76 % dans les écoles les moins favorisées. Un décalage qui montre que l'éducation à l'environnement est un enjeu pour tous.
