Les stéréotypes de genre ne sont pas de simples opinions abstraites. Ils ont un impact concret et mesurable sur la manière dont les élèves évaluent leurs propres chances de réussir. Une enquête de la DEPP révèle que plus les élèves adhèrent aux clichés, plus leur confiance en eux est affectée, en particulier pour les filles dans les domaines scientifiques.
En sciences, le stéréotype renforce les garçons et affaiblit les filles
Le mécanisme est redoutable. Pour les élèves qui envisagent la voie générale, l'étude montre que plus une fille est convaincue par les stéréotypes de genre, moins elle se sent capable de réussir dans les spécialités scientifiques comme les mathématiques. Et ce, même lorsqu'elle a fait le choix de suivre cette spécialité.
Pour les garçons, l'effet est inverse : adhérer aux stéréotypes semble au contraire renforcer leur sentiment de compétence et leur probabilité de réussite perçue dans ces mêmes matières.
Le schéma s'inverse pour les matières littéraires. Plus un garçon est stéréotypé, moins il s'estime capable de réussir en spécialité Humanités, Littérature et Philosophie (HLP).
Un profond manque de confiance en soi chez les filles
L'étude met en lumière un autre phénomène : le décalage entre la perception de la réussite de son groupe de pairs et sa propre réussite. Cet écart est systématiquement plus important chez les filles, signe d'une confiance en soi plus faible.
L'exemple de la spécialité Langues, Littératures et Cultures Étrangères (LLCE) est édifiant :
- Les filles estiment que les « filles en général » ont 71 % de chances de réussir.
- Mais elles n'évaluent leurs propres chances qu'à 47 %, soit un déficit de confiance de 24 points.
- Chez les garçons, cet écart n'est que de 11 points.
À l'inverse, les garçons affichent une confiance en eux-mêmes nettement plus élevée dans les matières scientifiques et technologiques. L'écart entre leur propre probabilité de succès et celle des filles peut atteindre 18 points en leur faveur en Physique-Chimie et 17 points en série technologique STI2D.
Ces chiffres prouvent que les stéréotypes ne façonnent pas seulement l'orientation, ils agissent comme un puissant filtre psychologique. Ils peuvent créer un véritable « plafond de verre » intérieur, en persuadant les filles qu'elles sont moins légitimes ou moins capables dans des domaines qu'elles ont pourtant choisis, tout en confortant les garçons dans leurs bastions traditionnels.
